Ado Alya:Les juifs de France font leur Alya pour leurs enfants Par Bernard zanzouri

Alyah Story - le - par .
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L'Alya, c'est avant tout pour les enfants


Après plus de dix jours sur le terrain, chez les particuliers et dans les communautés juives de France, je ressors avec une conviction forte: les juifs font leur alya pour leurs enfants. Pour qu'ils se développent ailleurs. Pour que leur avenir se joue dans un lieu qui veut d'eux, même avec une kippa sur la tête et une maguen David pendu au coup.


Alors bien sûr, moi qui suis parti en mission pour promouvoir Alyado, le nouveau projet de l'association AMI destiné aux adolescents et à leurs familles, j'ai le beau rôle. On m'interroge, on m'interpelle, on s'intéresse et c'est très gratifiant.


Même si, au fond de moi, je suis un peu triste. J'aurais préféré une Alya uniquement basée sur le rêve du retour à Sion. Mais, d'un autre côté, je n'identifie pas de panique, même si les événements de La Roquette et de Sarcelles ont indéniablement laissé des traces. Non, le fin mot de l'histoire, c'est que ça sent un peu la fin d'une belle histoire entre la République et les juifs de l'hexagone, contemporains de l'après guerre.

Et, un peu comme dans une histoire d'amour qui s'achève, on touche à ce moment où, un mouchoir à la main, on s'aperçoit entre deux grimaces désabusées que la voisine d'en face n'est finalement pas si laide. Elle est même plutôt jolie la petite israélienne. Pour mon fils elle sera d'ailleurs parfaite.


Les juifs français de quarante ou cinquante ans n'ont pas pour eux même le "réflexe Alya". Mais ils n'envisagent plus l'avenir de leurs enfants ici. Et donc, l'un dans l'autre, ils savent qu'ils suivront cette idée tôt ou tard, au risque de voir leur progéniture se faire la malle sans les attendre.


Bien entendu tous ne partiront pas, loin de là. Habad fera encore des hanoukiot géantes dans dix ans sur les grandes esplanades parisiennes. Mais un seuil psychologique a été franchi. Partir n'est plus du délire. On n'est depuis longtemps plus dans le circonstanciel, dans une vague un peu folle après trois mois un peu fous; mais, au contraire, au coeur d'un tournant. D'un tournant historique.

 

Notez bien la date: en novembre 2014, il se passe quelque chose de fort, de très fort. Cette année, la France a cessé de représenter une véritable option d'avenir pour les enfants des juifs de la communauté. Et Israël, malgré la guerre de cet été et en dépit des critiques du monde entier, en devient une riche et concrète.

 

Bernard Zanzouri

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