Alyado: Un pays hyperactif par Bernard Zanzouri

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Dans mon cabinet à Jérusalem, je reçois souvent des Olim français de plus ou moins longue date, pour lesquels la démarche de venir consulter chez un éducateur n'est pas une évidence.D'abord parce que, dans le cas d'un enfant qui pose problème, nombre d'écoles demandent aux parents d'entamer un travail face à un psychologue.


Ensuite, parce qu'un éducateur qui reçoit en privé, ce n'est pas obligatoirement banal.
Mais par dessus tout, parce que cette démarche, inévitablement, sous-entend un face à face dans lequel chacune des parties impliquées explique, argumente et pointe du doigt; ce qui n'est bien évidemment agréable pour personne. Qui dit problème dit souvent coupable, ou tout du moins responsable à rechercher.


Qui est fautif? L'ado qui ne fiche rien au lycée? Qui fume des joints avec ses copains et rentre à quatre heures du matin? Qui n'a ni rêves ni vrais désirs?


Ou ses parents qui sont trop autoritaires? Ou trop laxistes? Ou trop coincés dans leurs habitudes françaises? Ou trop obsessionnels avec leurs besoins de résultats scolaires et leurs chimères de comportements polis et respectueux?


Trop souvent, dans le regard du père ou de la mère je vois une grande fatigue, beaucoup de déception et une grande appréhension concernant l'avenir. Et chez le jeune, une envie d'être ailleurs. Ou quelqu'un d'autre.


Alors, bien sûr, il y a eu des erreurs. Des regrets. Des fois où on aurait pu faire autrement, avec un peu moins de ceci et un peu plus de cela.
Je suis là pour ça moi, je vais apprendre à l'ado à mieux formuler et aux parents à savoir mieux demander.


Et à tout le monde en même temps, je vais enseigner l'art de dépassionner.
Mais la vérité, quand il s'agit d'immigrants, c'est que la vraie fautive, même si elle est belle et passionnante, c'est l'alya.


On comprend mal le tourbillon que cela représente pour un adolescent qui déjà, naturellement, peine à définir ses repères. Les parents ont du mal à trouver leur place dans cette société nouvelle; et donc il y a inflation, pour l'enfant, des difficultés et des opportunités en même temps.


Un flux de demandes et une abondance d'offre. Les cris de maman d'un côté et le chant des sirènes de l'autre. Le téléphone qui bippe toute les quinze secondes avec une nouvelle proposition, dans le seul pays au monde où plein de gens aimeraient nous faire notre fête;

noble intention que nous prenons en permanence de vitesse pour initier nous-mêmes des tiyoulim merveilleux ou des barbecues géants, aidés en cela par un été qui déborde sur l'hiver; des élections tous les deux ans et des flash infos différents d'un feu rouge à l'autre.
Quand le pays est hyperactif, l'enfant hyperactif est juste...un sabra normatif.
Qu'il va falloir comprendre et aimer avant d'en prendre la mesure

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